samedi 16 août 2025 par penvins
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Quatre figures, le père, la mère, le fils, la fille, une famille : d’un amour à l’autre je m’implante finalement dans celui qui me fait vivre. Je ne serai jamais la femme de mon père. Il faut sans doute lire ce roman comme une représentation du chemin qui conduit les familles, de part et d’autre, à échapper à la pesanteur des amours aussi bien filiales que paternelles ou maternelles. En ce sens se comprend le choix de l’auteure de ne jamais personnifier aucun de ces quatre héros et de les réduire à leurs monologues exprimant ainsi le ressenti de tout un chacun non pas certes universel mais tel qu’il se vit ici et maintenant dans les familles dites abusivement patriarcales là où le fils est phagocyté par la mère : elle s’est emparée de lui comme d’une friandise à déguster et la fille abandonnée au père.
L’amour des géniteurs deviendra insupportable, le père se sent pris au piège mais il est trop tard : j’aurais pu peut-être m’extraire de la gangue infectée, de la proliférante cellule familiale et la mère jouit de garder le fils en elle : Nous avons accompli, mon fils et moi ce prodige […] nous sommes revenus à l’intérieur de moi […]
Mais si le roman ressemble à une libération douloureuse de l’emprise parentale qui culminera avec l’anorexie dont souffrira « la fille » et si le « double inceste » ne peut que s’effondrer pour que la vie reprenne son cours, le roman est d’autant plus prenant qu’il souligne -volontairement ou non - l’impasse où mène la cellule familiale rejouant de génération en génération le drame de la reproduction à l’identique. N’en reste pas moins un texte fort et une auteure à suivre, on trouvera facilement cet ouvrage, sinon en neuf, tout le moins en occasion. Ne vous privez pas du plaisir de lire ce livre ou ceux plus récents de la même auteure.
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