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La condition solitaire d’Olivier Larizza

Poèmes parus aux éditions Andersen

mercredi 24 mai 2023 par Françoise Urban-Menninger

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Si l’on en croit la quatrième de couverture de ce recueil, Oliver Larizza serait "l’une des voix poétiques les plus nécessaires de notre époque". Nécessaire, sans doute dans la pratique de l’autodérision dont l’auteur use et abuse pour dénoncer de manière subtile et drolatique ses travers mais aussi les nôtres "Je me fréquente trop ces temps-ci (la faute à ce recueil) me mire trop dans le miroir du papier." Comme tout écrivain digne de ce nom, Olivier Larizza est atteint de narcissisme mais comment ne pas l’être et comment lui en vouloir quand on découvre sous sa plume dans "Enigme" cette image lumineuse "la soierie du silence me drapait telle une fantasmagorie" ?

Indubitablement, la tasse de thé d’Olivier Larizza n’est autre que l’humour qu’il tire à hue et à dia de son chapeau d’illusionniste "J’avais rendez-vous avec un poème", annonce-t-il, guilleret...Mais l’humour n’est-il pas parfois un cache-misère qui, aussi flamboyant soit-il, nous ramène à une réalité désenchantée ? La guerre en Ukraine dont il nous dit, acerbe, " tu finances la poutine guérilla-ça gaze ?"
Si Olivier Larizza "a brûlé" sa vie "au bûcher des vanités" comme il l’écrit à Toulon où il a rejoint l’université, il n’en revient pas moins retrouver ses amis et son port d’attache à Strasbourg où il découvre, dépité, qu’il a été radié des listes électorales.
Comment s’étonner alors que le poète soit cet électron libre qui s’écrie "je vais finir par disparaître"...Et ne plus revenir que pour "habiter ma langue d’or" ?
Dans "La petite raison dans la prairie" dont il pastiche la vie idéalisée pour en dénoncer la médiocrité, il évoque "ce monde qui s’écroulait sous ses lauriers..." et de confier "Je visais le septième ciel/ les pieds dans la boue la tête dans le fiel !"
Mais fidèle à lui-même, Olivier Larizza surfe sur "l’insoutenable légèreté" dont il se revêt pour affronter "le monde en délire" et très certainement se confronter à lui-même car "la vie n’attendait plus". De fait, l’écrivain se démasque dans "Faux-semblants" où écrit-il "foxy Oliver" "se fondait dans le réel comme l’azur dans le ciel". Si Olivier Larizza cache bien son "je" (jeu), il se dévoile entre les lignes même si "Toute page blanche est une illusion/ cachant les brouillons d’un amour perdu.", c’est bien dans la désillusion que le poète revient s’abreuver à la source de l’être pour renaître dans la magnificence du poème.

Françoise Urban-Menninger

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