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Samuel Beckett, Lettres III, (1957-1965)
dimanche 4 décembre 2016 par Jean-Paul Gavard-Perret

Samuel Beckett, Lettres III, (1957-1965), Trad. de l’anglais (Irlande) par Gérard Kahn. Édition de George Craig, Martha Dow Fehsenfeld, Dan Gunn et Lois More Overbeck, Collection Blanche, Gallimard, 812 p., 2016.

Sans parler d’exaltation "juvénile" il existe dans ce troisième tome de la correspondance beckettienne une présence énergisante. A l’inverse de ses héros et narrateurs épuisés la sensation du temps n’affecte pas trop leur auteur. Le monde n’est - ne peut être - qu’une illusion mais dans ce corpus émerge un personnage central, sorte de relais à Peggy Guggenheim et à Suzanne (qu’il finira par épouser) : Barbara Bray - productrice, traductrice, critique qui rencontra Beckett en février 1958. Une nouvelle fois, comme l’écrit Jacques Kober, « Beckett est sauvé par les femmes ». Barbara Bray fait un temps de l’anecdotique du crucial face au déclin de l’existence qui évita la "dégénération" dont parle Billie Whitelaw, une des actrices fétiches de Beckett.

A l’époque de ces lettres le théâtre garde la part belle et l’auteur tourne à New-York « Film » avec Buster Keaton. L’acteur ne comprend guère les inversions, renversements de l’œuvre. Mais qu’importe. Il respecte les volontés de Beckett et sa nécessité d’une négativité et l’aboutissement d’une relation parasitique entre le matériel contenu et le discours filmique destiné à la contenir. Beckett reste l’inverse d’un Borgès, "conteur de l’aube du langage". Mais ses crépuscules épistoliers sont un plaisir constant. L’auteur est attentif aux autres, leur accorde une part belle en dépit de son désir de solitude. Rivé à un ordre qui n’est pas le leur, il ne leur fait jamais sentir.

La vitalité d’écriture des lettres prouve que l’immobilité n’existe pas plus que le silence. Sa descente à l’intérieur même du néant existentiel pour y traquer l’essence de l’expérience humaine afin de toucher un ineffable soudain palpable, l’auteur le garde pour ses œuvres. Les lettres témoignent d’un souci de relation. Beckett demeure poreux à ses correspondances et plus particulièrement à Barbara Bray avec laquelle il écoute - entre autres - du Schubert dont les mouvements ne laissent plus de place à une prostration…



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