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A Oui - Boris Wolowiec
jeudi 25 août 2016 par Jean-Paul Gavard-Perret

Editions du Vide Immédiat, Paris, 2016

En instaurant sur la double instance de l’aphorisme et de la variation Boris Wolowiec semble permettre au discours de se poursuivre dans un lyrisme qui devient constrictor. Au lieu de faire naître la pensée il l’étouffe. Les mots ne créent pas une pensée mais un verbiage abscond par goût de l’effet verbal.

Croyant tordre le gout à l’aphorisme souvent nihiliste (de Lichentberg à Cioran) l’auteur dans une dérive tirée de Jabès, Blanchot et surtout de Lévinas propose un système répétitif entre un ailleurs et sa représentation. L’égo fonctionne à plein et en dépit de ce que dit l’auteur il n’existe pas de place pour l’autre. L’imaginaire n‘ouvre en rien l’espace textuel à des possibles. L’auteur exclut ce que Derrida nomme un "hymen" susceptible de laisser poindre un monde nouveau.

L’abus des mots ne protègent pas la pensée de la tentation du néant car ils deviennent des miroirs qui ne reflètent rien. Existe sans doute à la base d’une telle écriture un sentiment de dépendance et de culpabilité par rapport à la mère. Un sentiment de déliquescence est à l’origine d’une sorte d’odyssée, d’un dévoilement qui de fait se retourne sur lui-même. Reste une forme de solitude extrême où les mots tente de devenir « La dernière bande » sur laquelle l’abondance des mots et le lyrisme n’émettent déjà que le son de leur propre silence ;

Le trou noir dans lequel Wolowiec crée un cycle étrange d’une humanité vouée à la disparition. La dévotion aux mots met en place une navigation délétère mais où l’auteur se sauve : à force d’en appeler à la force des mots il finit par y croire et qu’importe si ce flux empoisonne à petit feu. Si bien que l’indispensable flux verbal devient une affaire de souflle et d’histoire. Les mots remplacent la pensée. Elle se veut cosmique mais ne demeure qu’un jeu d’un « je » hypertrophié qui - comme l’Orion Aveugle de Claude Simon - tourne et retourne sur lui-même en voyageur égaré.

Ne cessant de chercher à tâtons le monde dans et par l’écriture Wolowiec oublie combien depuis que la littérature existe il est difficile d’accéder à l’être, d’être l’enfant, puis l’homme par elle. Mais là où Blanchot trouve à tendre "à son essence qui est de s’effacer ou de disparaître" l’auteur découvre un appel à persévérer en se faisant entendre, à secouer le destin et à y pratiquer une apparition. Wolowiec oublie simplement que s’il doit y avoir une vérité quelque part elle ne peut résider qu’où le moi a disparu. A l’inverse ici il se multiplie en un jeu verbal qui ourle la trame de l’écriture.



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