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L’autofiction dans l’oeuvre de Colette - Stéphanie Michineau
vendredi 20 mars 2015 par Michel Mercier

Compte rendu de Michel Mercier (« Société des amis de Colette ») portant sur l’ouvrage : L’Autofiction dans l’œuvre de Colette


Compte rendu de Michel Mercier (« Société des amis de Colette ») portant sur l’ouvrage : L’Autofiction dans l’œuvre de Colette.

Paru dans Colette : complexités et modernités, Cahiers Colette, n° 31, éd. Presses Universitaires de Rennes, 2009.

Suivi du droit de réponse de S. Michineau.

== Correspondance échangée sous-cape par un élément neutre : Marie – 0dile André ==



Stéphanie MICHINEAU, L’Autofiction dans l’œuvre de Colette, Publibook, 2008, 369 p.


Il va de soi que la première partie de cet ouvrage est consacrée à une approche de ce qu’est l’autofiction et l’autobiographie, depuis l’invention du mot par Serge Doubrovsky jusqu’aux nuances et modifications apportées par Vincent Colonna, Philippe Gasparini, ou Philippe Lejeune, entre autres… ; mais avant même d’ouvrir ces échanges quelque peu tendus entre intellectuels, Stéphanie Michineau, en une ligne contre la cinquantaine de pages du débat entre professionnels, avait suggéré l’essentiel : l’autofiction - l’écrivain entrant comme personnage dans ce qu’il écrit - a servi à Colette « à se construire à l’abri des regards indiscrets » (p.19), en des œuvres hantées par « la figure du double », ou proposant d’elle-même son image en « un miroir » ou élaborant « un modèle » de ce qu’elle devrait devenir : ces trois clefs, le double, le miroir, le modèle, sont le cœur de la dernière partie de la thèse.

L’entre-deux embrasse quasiment tout ce qu’a écrit Colette, mais la multiplication d’œuvres fragmentées pour la commodité des analyses ralentit quelque peu l’élan du lecteur qui n’a pas de poétique complète de telle ou telle nouvelle, dont il faut bien dire que la présence de l’auteur par « métalepse » dans son déroulement n’a très souvent rien à voir avec de l’autofiction : ce n’est qu’ « un truc » que Colette manie avec brio, un accroche-lecteur (voir Jean DEFOIX, « Dernières nouvelles », « Colette », Europe, novembre-décembre 1981, p. 20-29 ; on pourrait aussi voir « Aveux » : 22 textes inédits suivis d’un commentaire, Cahiers Colette, n° 17, 1995, p.8-78). En bref, Colette se montre et se cache tout à la fois, ordonnant une certaine image d’elle-même à géométrie variable, y compris dans ce qui est donné comme autobiographique. Ajoutons enfin que l’apparat critique est d’une redoutable abondance, petits arbres multipliés qui nuisent un peu à la forêt, entendons les œuvres de Colette.

Le jeu du compte rendu, c’est aussi de relever çà et là quelques bévues qui seraient à corriger dans une réédition – et je m’adresse ici directement à l’auteur. En tête bien sûr, un héros colettien qui fut le mari de l’héroïne écrivant : « Taillady », donc p. 62, 96, 163, 205, 236 ; la notice des Vrilles de la Vigne n’est pas de Claude Pichois (note 348) mais vous dîtes juste p. 349 ; il faut donc se relire. « Amarrée » prend toujours deux « r » (bas de la p. 241) ; les bien-pensants avec un « s » à bien et une absence de tirets deviennent un élément de fantastique (p. 268) ; mais ce ne sont là que malheureuses broutilles à côté d’une dernière page bien maladroite : en l’année 1923 aurait été publié « le livre intitulé La Naissance du Jour » ; son auteur, Colette, aurait osé écrire : « Voilà que légalement, littérairement, je n’ai plus qu’un nom qui est le mien » (p. 340) et vous commentez : « le fictif tend à devenir autobiographique en ce sens qu’elle finit par s’identifier au personnage qu’elle s’est construit » ; en 1923, « Rêverie de Nouvel An » et Le Blé en herbe avaient effectivement pour auteur Colette, Colette tout court. Mais elle était encore Madame de Jouvenel, n’ayant pas divorcé - il faut donc attendre 1925 et, comme La Naissance du Jour est publié en 1928, tout est au mieux : Goudeket à ses côtés - sans plus, elle est bien Gabrielle Sidonie Colette pour l’état civil et simplement Colette pour la littérature. Il n’y a rien là de fictif.

Une ultime remarque : toute la bibliographie est si bien classée et si abondamment,voire inutilement bien souvent, qu’on n’y retrouve ses petits - ce que l’on cherche - que bien difficilement : un simple classement des œuvres utilisées de Colette et des livres critiques, le tout classé alphabétiquement, aurait suffi, avec en-tête, les Œuvres en « Bibliothèque de la Pléiade », qui ne sont pas complètes, comme l’auteur semble le croire. Après quoi, un index des personnes, des œuvres et des personnages aurait pu secourir vite et bien tout lecteur qui ainsi n’aurait rien perdu de ce que Stéphanie Michineau lui a apporté.


Michel MERCIER



Réponse adressée à Michel Mercier, fin décembre 2009 :


Les remarques de M. Mercier concernant les bévues sont exactes (j'ai essayé de rattraper Taillandy, le nom est bien écrit deux fois dans l’ouvrage, mais trop tard, le "bon à tirer" était lancé) . Je suis assez impardonnable d'avoir mis "1923" pour "1928" (surtout en conclusion!).
Par contre, de son côté, il se trompe, il ne s'agit pas de la page 369 mais de la note 369 (comme quoi...). Concernant le fond cette fois, écrire que "la présence de l'auteur par "métalepse" dans son déroulement n'a très souvent rien à voir avec de l'autofiction" me semble une contradiction dans les termes. Je ne suis pas loin de penser, à l'instar de V. Colonna, que l'intrusion de l'auteur relève d'une forme d'autofiction (d'où l'intérêt de la première partie qu'on ne saurait résumer en une seule phrase!). L'idée que je défendais est que le mentir-vrai chez Colette n'est pas "gratuit", ce qui me semble d'ailleurs aller dans le sens de l'article rédigé par Michel Mercier dans le Cahier Colette n°17: "Aveux: où la confession apparaît comme la forme la plus déguisée de la sociabilité" (article fort intéressant, que j'ai relu avec plaisir, par ailleurs, pour l'occasion).

Dernière remarque injustifiée : la bibliographie n'est pas abondante par fantaisie et mon propos était justement de montrer, au delà d'une bibliographie convenue, que Colette affectionnait le mélange des genres (cf. article « Colette : une œuvre ‘transgénérique’ ou la modernité de l’écriture ? » inséré dans ce même Cahier Colette n° 31).

Et surtout, l'auteur(e) ne semble pas "croire que les Oeuvres Complètes de la Pléiade sont complètes" (?!) puisque j'écris exactement le contraire page 344: "textes non recueillis dans les Oeuvres Complètes : alors qu'aucune édition ne peut à ce jour être qualifiée de vraiment complète etc...").


Stéphanie MICHINEAU








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