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Je te cherchais je m’étais perdue - Marie-Laure Dagoit
dimanche 6 avril 2014 par Jean-Paul Gavard-Perret

La lettre d’amour qui ne s’écrit pas

Marie-Laure Dagoit, « Je te cherchais je m’étais perdue », Derrière la salle de bains, 30 E .

On donnerait à Marie-Laure Dagoit le bon dieu sans confession tant ses livres sont élégants dans leur blancheur immaculée et leurs mises en pages au lustre policé. Mais ce serait une erreur. Chez elle la beauté garde un parfum de souffre : là où il y a séduction la torture n’est pas loin. L’artiste joue en parfaite anatomiste à mêler les codes de la séduction et de la torture. Ses oeuvres ressemblent à des tables de dissection et ses bijoux à des pièges. Et l’on tombe avec délice dedans.

Entre le sens du sérieux et de la dérision Marie-Laure Dagoit aspire au noir par blanc (l’inverse est vrai aussi ) mais sans plonger l’être dans le morbide : tout transpire pour narrer une histoire qui sans doute « ne convient pas » mais est plus imprenable que délicieuse d’autant que l’auteure touche les lieux (presque) impénétrables de l’être.

Dans « Je te cherchais je m’étais perdue » le rayon du regard ploie à la limite de la chair et de la pensée dans cette suite d’échos où le cinétisme éloigne du centre mais en rapproche tout autant. L’auteure ose l’Eros dont les ondes baillent comme des cuisses ouvertes aux étoiles sans pour autant qu’on les prenne pour des jambons métaphysiques.

Les cercles concentriques qui organisent le chant deviennent le lieu d’abîme où message fait des vagues (à tous les sens du terme) sous l’égide d’une photographie d’une crudité insolente d’Hans Bellmer. Soudain la lettre d’amour prend un tour inattendu. Elle ne s’écrit pas : les mots semblent là pour surligner le cerclage signifiant pourtant ce qui ne peut « normalement » se dire. Impressionnant.

Jean-Paul Gavard-Perret

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