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Hubert Renard, le souterrain.
dimanche 26 janvier 2014 par Jean-Paul Gavard-Perret

« Hubert Renard à la Galerie Souterraine, Paris », Catalogue de 54 pages, imprimé à la demande de l’artiste suisse Blurb avec un texte d’Anne-Marie Bauman, 16,90 euros.

Il suffit d’un espace atypique, d’un couloir de métro à Hubert Renard pour réaliser une intervention. Il s’annexe le statut utilitaire du lieu comme ses stigmates sous toutes les formes que ce dernier représente : passage souterrain, conteneur de flux humains, support publicitaire, zone de contrôle, territoire de résistance. L’artiste fait entrer son écriture plastique en un tel « support » ou medium afin de proposer une poésie du lieu. Là où les citadins sont pressés, soumis à la découpe des heures, l’artiste propose une intervention critique de la société tout en donnant une valeur à la vie de ceux qui transitent dans ces labyrinthes souterrains urbains. L’artiste prend donc à revers le lieu. Plutôt que de le réenchanter Hubert Renard le perturbe, le provoque en créant un niveau d’émotion que l’art traditionnel ignore. Le catalogue rend compte d’une telle intervention. Elle reste un miroir aussi terrible qu’ironique du lieu d’investigation. Volontairement « laide », les propositions plastiques ne se situent pas en dévers de celui-ci : elles introduisent un second degré très puissant. Les images s’enfoncent et surgissent en devenant des globules en suspension, des molécules retournées, des modules faussement « neutres ». L’homme postmoderne et urbain se trouve entraîné dans une sorte de tragique et de comique de son espace de transit traité sans la moindre condescendance mais avec une ironie minimaliste et subtile. L’artiste en s’arrimant à la structure du souterrain crée une force émotionnelle inattendue. Preuve que des schémas plastiques basiques font ce que les narrations et les fictions qui se veulent plus explicites ne font pas. Une poésie aussi évidente que décalée, aussi paradoxale que critique, réduite à sa plus simple expression fait résonner d’intensités inconnues les couloirs qui mènent au métropolitain cette nef du fou des temps modernes.

Jean-Paul Gavard-Perret

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