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Pascal Russi : une peinture de défi et de révolte.
vendredi 11 octobre 2013 par Abdelali Najah

L’artiste peintre Pascal Russi pensait ne pas vouloir imposer
de style, être dans l’abstrait tout simplement et bien non. Force est
de constater suite à une exposition du mois d’août 2011 qu’il
n’y échappe pas… Il lui semble que son style évolue. Il travaille avec
de l’acrylique au couteau depuis 2 ans, peinture à laquelle il rajoute des pigments parce qu’il adore travailler en relief avec des pigments de cuivre et d’or, il utilise également du sable.

Dans une nuit sombre et tiède, un ciel gris annonçant l’orage et la
pleine lune prend le large. Une lignée verte et bouillante découpe
l’immense océan et fuit l’horizon. Des hirondelles préparant un
nouvel exode, survolent les vaguelettes blanches et des barques de pê-cheurs colorées tanguent dans le petit port. Des mouettes blanches or-nent les amas d’un bateau qui fait naufrage au bord de la mer. Des matelots préparent les filets pour une nouvelle journée de pêche et des moussaillons larguent les amarres.
Pascal Russi peint la nuit par la force des choses, parce qu’il n’a
pas un bon sommeil. Quant à son style pictural, il conçoit la peinture
comme une discipline qui laisse libre cours à son imagination débor-dante sans pour autant devoir refreiner ses envies comme il le
fait dans ses différentes séries « Symphonie ou Mes divagations
nocturnes » dont il aime s’y replonger de temps en temps. « La peinture est tout pour moi. Elle est devenue primordiale pour mon
équilibre, indissociable de ma maladie. C’est là que j’extériorise mes
émotions ; elle me permet de voyager dans mes couleurs et mes pig-ments sans devoir mettre des limites. Je peux m’autoriser à toutes les folies comme dans ma série « Mes divagations nocturnes » ou « Les symphonies », j’ose vraiment me lâcher dans l’harmonie même si parfois je vais vers quelque chose de plus fou. Quel bonheur de pou-voir se laisser aller ! », nous souligne-t-il.

En tant que peintre autodidacte, son parcours artistique est vite
expliqué : travailler, travailler et encore travailler. C’est le
meilleur moyen pour aller de l’avant. Pour l’instant, il est satisfait
de son parcours même si parfois il souhaiterait ce que tous les
artistes aimeraient, c’est-à-dire pouvoir aller exposer ailleurs à
l’étranger par exemple, ce qu’il a malheureusement déjà dû refuser
pour raison financière. Malgré tout, il a déjà exposé 14 fois en plus
de 20 ans de peinture.
Comme il peint instinctivement, les couleurs sont choisies aléatoirement au dernier moment. Parfois, il prend celles qui se
trouvent devant lui, sauf évidement si il a une idée précise de la
toile qu’il va peindre. Elles ne sont jamais utilisées brutes, mais
toujours mélangées à d’autres teintes comme ses rouges par exemple :
il met souvent d’autres couleurs pour lui donner un aspect un peu
différent… quelquefois, le mélange des couleurs donne des teintes
assez surprenantes. Pascal Russi nous disait : « Les artistes que
j’apprécie particulièrement sont Vassili Kandinsky, Jackson Pollock,
Nicolas De Staël et le plus magnifique de tous Dali ; ce dernier ne
m’a pas vraiment influencé, mais je l’adore. » Et sur l’influence de
Vassili Kandinsky dans ses toiles, Pascal Russi nous répond avec
modestie : « Merci d’avoir cette impression très flatteuse pour moi…
mais restons chacun à sa place, car je ne sais pas si j’arriverai un
jour à approcher sa maîtrise. »
Il lui arrive souvent de prendre comme sujet un fait de l’actualité,
par exemple « Times déchirures » pour les événements de Tunisie ou
plus proche de nous « Sur la route de Tripoli ». Peignant
instinctivement, on retrouve facilement ses humeurs sur les toiles :
les gens qui le suivent depuis des années, repèrent facilement les bons
ou les mauvais passages.

Jusqu’à présent, ses expositions se sont toujours bien déroulées. Il
présente à chaque occasion son travail récent. Il n’y a jamais de
thème dans ses expositions. L’important pour lui se trouve dans les
mouvements, ainsi que dans le travail des couleurs.

L’artiste peintre Pascal Russi est de la partie francophone de la
Suisse, du Valais plus exactement. Né à Sierre en 1958, il a suivi les
écoles obligatoires et a fait l’apprentissage de pâtissier-confiseur-glacier-traiteur à Lausanne. Il est resté dans le métier jusqu’en mai 1982, et a suivi en parallèle un cours d’administration à Lausanne qui dura environ 14 mois à la suite duquel il a obtenu un diplôme avec mention. Mais, les prémices de la maladie se faisaient déjà sentir avec quelques alertes, sans que personne ne prenne ses problèmes de santé vraiment au sérieux….
Il a été opéré en 1985 d’une tumeur cérébrale à plusieurs reprises qui
lui ont laissé quelques séquelles physiques : une hémiplégie gauche en
1986 et des céphalées qui allaient devenir chroniques. Cela a modifié
considérablement son caractère et sa vie par la force des choses, ainsi
que sa perception de la vie.

Il a commencé à peindre par défi et surtout pour extérioriser toute la
révolte qu’il avait en soi… Il a débuté par dessiner un peu d’abstrait
vu que par son métier, on était tenu de savoir faire de petits projets
pour des commandes à l’occasion de fêtes ou autres évènements ce qu’il a toujours beaucoup aimé réaliser. Comme il n’a pas pu se réinsérer dans le monde professionnel, il s’est passionné pour la peinture et il y a vraiment pris goût. Au début, il a commencé par la gouache et ce fut très laborieux. Il n’était vraiment pas satisfait de ce qu’il faisait, ni de sa vie de manière générale. Il n’a pratiquement rien
gardé de ces premiers pas artistiques et un beau jour, il a pris le
taureau par les cornes et tout repris à zéro !

Gilles Deleuze disait : « la parole s’élève dans l’air, la parole s’élève dans l’air en même temps que la terre qu’on voit, elle s’enfonce de plus en plus, ou plutôt en même temps que ce dont cette parole qui s’élève dans l’air nous parlait, cela dont elle nous parlait s’enfonce sous la terre. »

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