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Le temps ouvre les yeux, Oratorio de Gérard Pfister

Oratorio composé de neuf chants publié aux Editions Arfuyen

lundi 15 juillet 2013 par Françoise Urban-Menninger

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Poète, éditeur, ardent défenseur de la poésie et d’une littérature européenne, Gérard Pfister nous revient avec un deuxième oratorio. Après "Le grand silence", "Le temps ouvre les yeux" nous fait songer immanquablement à Héraclite qui nous disait du temps qu’il est un enfant qui joue au trictrac (ou aux dés) avant d’ajouter "A cet enfant appartient le royaume". Gérard Pfister nous fait entrer par le poème dans ce royaume où l’on appréhende "La fluidité sans fin des feuillages, des pensées, des ombres".

Et c’est bien "sur le fil invisible" qui nous conduit du végétal à l’humain que le poète avance "un mot devant l’autre". "Du réseau/ des racines", "des échos/ souterrains", le poète avance "sans but" en précisant toujours et encore "il n’y a/ que le temps".
D’écho en écho, le livre s’écrit mot à mot dans "une ondulation" qui épouse "le rythme/ du temps" et qui amène l’auteur à s’effacer tout au bord du silence. "J’apprends/ à m’oublier", nous confie le poète et d’évoquer l’enfant qui est assis sur l’herbe et qui joue avec un chat, renouant ainsi avec cette enfance dont Guillevic affirmait qu’elle portait les germes du poème.
Et d’entrer dans le bleu "car tout est dit/ dans le bleu" et le baiser du ciel sur la terre n’est autre que ce bleu qu’il faut chanter "des lointains/ d’où il est venu".
A n’en pas douter ce dernier recueil s’inscrit dans une nouvelle forme d’écriture, sur un mode de composition musicale où "le jeu" comme le pensait le philosophe Eugen Finck n’est autre que "le symbole du monde".
Ce jeu d’échos qui se répondent au fil des pages et des mots nous invite à aborder les rives de l’infini où "Le temps ouvre les yeux" et où, comme l’auteur, nous sommes pris dans une musique des sphères et des couleurs où nous devenons cet écho de nous-mêmes qui n’est autre que ce souffle qui nous tient debout sur le fil ténu d’une lisière où vie et mort ont partie liée au coeur du poème.
"La bouche d’ombre" s’ouvre alors sur "une vibration continue" qui porte en elle cette part d’éternité qui nous habite et nous hante depuis l’origine : "Les rois/ m’ont tout laissé/ de l’or/ de la mémoire"... Le poète, tel un alchimiste, n’a d’autre choix que de se transmuter mot à mot dans la matière même du poème jusque dans cette apesanteur où l’âme plus légère que l’air épouse "ce bleu ce bleu / inouï" de "l’espace sans fond".

Françoise Urban-Menninger

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