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New York Arbor - Mitch Epstein
samedi 1er juin 2013 par Jean-Paul Gavard-Perret

Mitch Epstein, “New York Arbor” Steidl Editions, Berlin & Londres2013,
EXPO 1 : New York , MoMA/PS1 Queens, New York. 12 Mai, - 2 Septembre 2, 2013.
Mitch Epstein : New York Arbor, Fondation A Stichting, Bruxelles, 21 avril - 30 juin 2013.

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URBANITE DE L’ARBRE.

Qui n’est pas poursuivi par le fantôme d’un arbre ? Autour de lui louvoie toujours une forme de volupté. Et ce même ou surtout dans les grandes cités. New.York ne déroge pas à la règle. Mitch Epstein présente les photographies d’arbres saisies dans les cinq quartiers de la ville. Sortant de Central Park et de ses images d’Epinal l’artiste montre comment l’arbre peut paradoxalement dominer les habitants voire l’architecture des blocs. Epstein s’est toujours concentré sur le lien qui unit nature et urbanisme. Fidèle aux leçons d’un Rem Koolhass et de son indispensable « New York Délire » il illustre les conditions afin « que le cœur d’une ville change moins vite que le coeur d’un mortel ». La trivialité positive de la première peut être sauver par le second : l’arbre devient ainsi une critique très forte de la sophistication urbanistique qui – même à New York - dès qu’on sort des buildings de prestiges n’est pas sans laideurs et erreurs.

Les photographies d’Epstein gardent avant tout une force poétique Impossible de ne pas entrer en sa vibration en rebondissant sur la "peau" des écorces et parfois contre la lèpre de façades. A leurs effractions les arbres répondent. Parfois il reste un corps lointain et solitaire, l’être urbain en reste séparé. Parfois il devient une silhouette parmi celles des citadins. Mais dans tous les cas son injonction silencieuse est un recours. Il reste au coeur de ce qu’on peut ressentir en traversant New-York et c’est là un beau paradoxe.

L’élan vital de l’arbre est un refuge même lorsque le premier a besoin d’assistance techniques pour tenir debout. “ Venez dans mon royaume » semble-t-il dire au passant. Plus que le plus fier building demeure en lui le temps qui n’en finit pas de s’incarner. Il reste la source à laquelle s’abreuvent toutes les feuilles de la vie. Même dans Manhattan le ciel est divisé par lui. Il en emporte le quotient. En est d’emblée sa masse qui forge une poussée a priori occulte donc irreprésentable. Pourtant il y a le miracle de la photographie qui n’en finit pas de l’ouvrir.

Qu’est-ce en effet que le paysage si ce n’est cet espace-temps auquel l’arbre donne des repères qu’il soit isolé ou en bande ? L’arbre offre à la Big-Apple un halo sentimental, un symbole de vie même dans ses lieux les plus improbables. A la fois acteur et spectateur du paysage il offre à l’urbanisme une rêverie du paysage et une urbanité.

La photographie chez Epstein n’est plus le refuge de l’intimité de la nature ou son simple miroir. Elle n’est plus enveloppante, rassurante et n’est pas enroulement sur elle-même. Les images retenues placent celui qui regarde l’arbre et l’arbre lui-même en divers axes d’interférences. Le second – sans doute par la magie de la prise – devient une utopie face aux pierres, à l’asphalte et au béton. Il n’est plus un interstice mais un contrepoint, agent de spéculations nouvelles donnant du sens jusqu’aux édifications matérielles humaines.

J-P Gavard-Perret

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