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Kakkmaddafakka, « Hest », 2012, Label Bubbles-Differant.
lundi 6 août 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

Kakkmaddafakka, « Hest », 2012, Label Bubbles-Differant.

Kakkmaddafakka ( mot à mot – si l’on peut dire - Cock Mother Fucker) est un groupe norvégien originaire de Bergen composé de 7 jeunes artistes de formation classique. Produit par le leader de Kings Of Convenience et The Whitest Boy Alive - Erlend Øye - , « Hest » (second album des scandinaves qui ne paraît qu’aujourd’hui en France) est un savant mélange de pop et electro teintées d’indie. Si « Restless » par exemple offre une boucle acide mais édulcorée, le rythme de « Touching » est plus fortement appuyé. De « Is she » surgit un second degré grave et mélodieux compensé par les violons disco de « Make The First Move ». Bref l’ensemble des neuf titres ne cesse de brouiller astucieusement les lignes dans une veine maniériste plutôt subtile - sauf quand le groupe s’égare (une grosse poignées de secondes) pour un flirt avec un reggae approximatif (« Gangsta »).

Musique autant d’ambiance que d’écoute plus patiente « Hest » est le digne produit du label Bubbles de Erlend Øye. Le producteur sait retenir des groupes originaux sans trop et qui ne cherchent pas l’esbroufe. Kings Of Convenience le prouvait et Kakkmaddafakka l’entérine. Dans les deux cas nous avons affaire à des babas scandinaves de la meilleur espèce aussi futée qu’affûtée. Le groupe est fort d’une énergie juvénile mais aussi d’un recul et d’une distanciation intelligents propres à ne pas prendre les auditeurs pour des dupes.

La singerie n’est jamais de rigueur. On s’amuse, on peut être sérieux (même à 18 printemps). Mais les cartes sont claires. Jamais très loin de l’esprit des « The Whitest Boy Alive, le groupe – et contrairement à eux - expédie un peu trop vite la sauce. Mais à quoi sert de faire long lorsque l’on peut faire court (et bien) ? Certes l’album aurait mérité mieux que le sourire benêt qui orne (enfin presque…) la couverture. Il laisse penser qu’on a affaire ici à des crétins prêts à distiller les mêmes niaiseries pseudorocks et potaches que des surfers west-coast. Mais heureusement il y a loin de la Scandinavie aux plages du Malibu Circus. Pour les enfantillages musicaux il faut s’adresser ailleurs que chez les Kakkmaddafakka.

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