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Horn Please - Natacha Dubois Dauphin
samedi 14 juillet 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

FIGURE DU ROMAN EN SOUS-MARIN JAUNE

Natacha Dubois Dauphin, « Horn Please », J.U.V.C. Editions, 2012.

Au départ dans l’expérience plastique de Natacha-Dubois il y a les livres. Pas n’importe quels livres : ceux qu’elle porte en elle et qu’elle emmène de l’idée initiale jusqu’à l’édition finale. Pour cela elle a même créé sa propre maison fictive de publication " Les Journées universelles des Villes et des Campagnes " qui comprend à ce jour neuf livres différents et semblables puisqu’ils portent tous l’empreinte de l’artiste à travers des histoires aphoristiques, perverses et cruelles qui sous-entendent que les histoires d’amour ça finit mal en général.

Cependant (et en conséquence) il y a loin de la coupe aux lèvres. Les mots eux-mêmes ne sont que des vagues indicateurs de mouvement et ils sont remplacés par toute une iconographie photographique : celle d’une voie ferrée par exemple dans un précédent texte qui prouve combien Natacha Dubois-Dauphin connaît bien les vices des hommes. Ils sont autant des ruminants (pas forcément herbivores) et des voyeurs qui aiment regarder passer les trains…

Dans « Horn Please » n’existe pas forcément de corrélation étroite entre le texte et l’image mais plutôt, comme dans un étrange sous-marin jaune cher aux Beatles, des séries de commutations entre réalité et imaginaire. La seconde métamorphose la première et vice-versa. Le texte devient le corps de l’image afin qu’elle parle autrement. Soudain l’angoisse ressemble à un os à ronger ou un phallus emmitouflé, la blessure une vulve symboliquement offerte. L’œil se fait errant au regard d’une autre organisation soutenue par ce que la créatrice photographie afin d’arracher aux mots les ombres abstraites.

Natacha Dubois-Dauphin gratte le discours ou ce qui fait image pour le recomposer autrement. Et en particulier dans ce « Horn Please » à la fois roman d’initiation, d’exotisme, roman policier pourquoi pas et aussi roman d’amour (presque « vache » (puisqu’on est en Inde…)… et les "litté-rateurs " trop sûrs de leur vérité écrite devraient faire un détour par ce « roman » qui requalifie le langage et l’image. Il y a là soudain un espace iconographique et narratif. Une expérience brute et immédiate aussi dans la profondeur dont le livre crée la trame singulière et ludique.

L’ensemble acquiert une voluminosité particulière qui s’apparente à ce que Merleau-Ponty affirmait : « Le malade qui écrit sur une feuille de papier doit percer avec sa plume une certaine épaisseur de blanc avant de parvenir au papier ». À sa manière l’artiste est donc une malade mais un docteur aussi qui soigne le mal par le virus de l’image en remplaçant la plume et vice-versa. C’est donc une histoire de transfusion et de contrepoison aux idées reçues et jusque dans l’amour loin de ses habituels blablablas.

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