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Tout est dit / Hors Piste / Sacre - Michel Dunand
lundi 16 avril 2012 par Jean-Paul Gavard-Perret

Jelinek

MICHEL DUNAND OU LE LYRISME A RETARDEMENT


Michel Dunand, "Tout est dit", Editinter 2010, Paris

" Hors Piste suivi de trois amours, Aucun", 2008, L'Harmattan, Paris.

"Sacre", editions Jacques André, 2010, Lyon.



Pour évoquer sa poésie Michel Dunand a souvent recourt au voyage ou à la peinture. Non que son écriture soit descriptive tant s'en faut :

"Je ne peins pas

ce que je vois

Je le dépeins

Tel que je suis".

Si la poésie est un "ut pictura poesis" c'est donc sous un registre particulier : celui d'un paysage intérieur livré toujours dans une remarquable économie verbale la plus minimale mais aussi la plus percutante qui soit.


L'humanité de Dunand est une leçon de vie plus qu'une leçon de choses. Le poète mêle le rugueux au lissé, la surface à la profondeur en une rigueur impressionniste. Le disparate plus qu’esquissé signifie la revendication à l'émerveillement sans lequel la vie n'est qu'un suicide programmé. Puisque " tout finira " reste comme seul recours possible l'injonction de l'impératif " Viens " qui fracasse la tranquille continuité du discours poétique.


Ni iconoclaste, ni conservateur Dunand (directeur de la revue " Coup de Soleil ") ne reste dans la lignée des essentialistes qui vont des grands poètes chinois anciens à Dupin. Ce n'est pas la solidité de la matérialité mais le plein de l'affect qui permet de remplir l'existence afin que le dedans nourrisse le dehors et non l'inverse. La poésie peut, doit même, l'extrême concision pour le faire comprendre.


Le langage pour Dunand n'a pas pour but la coagulation des fantasmes mais la métamorphose du monde par le pouvoir gigantesque de l'amour des paysages et de l'autre. Il convient donc d’entrer dans la nudité de l'œuvre. Les figures poétiques se réduisent progressivement jusqu’à faire du mot sa substance propre, dans une ascèse, ou plutôt une densité, au lyrisme particulier puisque atonal dans la mesure où la poésie ne chante plus (sans déchanter pour autant).


Chaque verbe y est une puissante réserve. Montrer ne revient pas à démontrer mais à accepter l’intimité de l'émotion, à s'ouvrir pour expurger les pestes qui terrassent au nom d'une sorte de vanité. En ce sens le langage devient enchantement paradoxal dans son rapport le plus étroit, le plus " trivial " avec le monde.


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