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Guillaume Apollinaire Les soirées de Paris...
jeudi 11 avril 2019 par Meleze

Guillaume Apollinaire
Les soirées de Paris

C’est une revue crée par Guillaume Apollinaire et André Billy qui aura 12 publications entre 1913 et 1914. À côté d’Apollinaire on trouve aussi dans « Les soirées de Paris » André Tudesq

Il y a des notes sur la peinture :
• NI Picasso
• N3 Renoir « l’art grec avait de la beauté une conception purement humaine. Il prenait l’homme comme la mesure de la perfection. L’art des peintres nouveaux prend l’univers infini comme idéal et c’est à la quatrième dimension seule qu’on doit cette nouvelle mesure de la perfection qui permet à l’artiste de donner aux objets des proportions conformes au degré de plasticité ou il souhaite amener ces objets. »
• N8 de nouveau 3 poèmes importants.

Mais c’est le numéro 1 de cette revue qui a été une surprise très émouvante, car il contient le texte du très célèbre poème de Guillaume Apollinaire, « le pont Mirabeau ». qui sera repris ultérieurement dans le recueil publié sous le titre d’Alcool. C’est très émouvant qu’un texte ancien qui n’est plus attaché à des droits d’auteur puisse venir s’afficher dans un ordinateur individuel grâce à la numérisation.

L’émotion qui pourrait en résulter, comme si par exemple on avait trouvé les mêmes textes chez un bouquiniste des quais de la Seine, n’est pas aussi forte. L’émotion est diminuée par le fait que le texte qui parvient chez vous est une photo dans laquelle on ne peut pas copier/coller, et par le fait qu’on sait aussi que n’importe quel lycéen peut l’avoir sous les yeux en quelques instants sans plus avoir besoin de le savoir par cœur.

Cependant outre l’effet physique qu’auraient pu procurer les 12 numéros de cette revue si on les avait eus entre les mains ils se posent la question de la puissance du mot. Guillaume Apollinaire nous interpelle : est-ce que c’est encore possible ? Est-ce que quelques vers tels que ceux du pont Mirabeau dans n’importe quel coin du web pourraient encore bouleverser le monde comme ils ont bouleversé le 20° siècle. Créer une revue avec dans le numéro 1, un poème qui va devenir mondialement célèbre, méritait qu’on se le rappelle et que « Les soirées de Paris » ne tombent pas dans l’oubli.

Il y a la matière à rendre responsable la critique de son incompétence. C’était injuste que le nom de la revue ait disparu de la critique littéraire au nom de recueils de poèmes qui seraient soi-disant plus nobles.

C’est injuste aussi que la critique officielle nous fasse omettre que cette revue a été non seulement un succès du « verbe » mais aussi un succès du « trait ». Car à côté du poème coexiste, un texte formidable sur la naissance de la peinture abstraite dont Apollinaire est passionné. Et le trait dont il parle dans le premier numéro des soirées de Paris est ni plus ni moins que le trait de Picasso qu’il vient de rencontrer chez Ambroise Vollard, célèbre marchand d’art.

On voulait nous cacher que le poème d’Apollinaire naquit dans la grivoiserie car c’est à une revue grivoise qu’il coopéra, sans hésitation. Un titre tel que « Les soirées de paris » a pour but de parler des femmes qu’on désire sous une forme acceptable par l’édition. On sait l’Intérêt d’Apollinaire pour l’érotisme. Pas surprenant qu’il aime travailler à une revue avec des amis, qu’on pourrait dire ici de bordel, mais le terme des années 1900 ce sont, des amis de bamboche.

La critique aurait dû réfléchir au thème de la grivoiserie. Elle aurait dû savoir nous rendre l’authenticité du machisme de l’époque. Sans aucun complexe vis-à-vis du féminisme qui commence pourtant de se répandre, des amis font une revue entre hommes pour parler du désir qu’ils ont des femmes. On se tape sur l’épaule, on se tape sur la cuisse, on s’offre des repas destinés à parler de ses conquêtes. On y mélange les hommes mariés et les célibataires. On fête l’adultère. On est écrivain parce que c’est un piège à moineau. L’écriture attire le beau sexe.

Un autre refuge des « machos » est aussi l’opium. Souvent il est associé au colonialisme. Si dans la revue des « soirées de Paris » on trouve des traces de l’Indochine et de l’Afrique noire pour aider ces messieurs à se faire une conscience tranquille vis-à-vis du colonialisme, on s’enthousiasme plus pour la poésie et la peinture. Les scènes de la vie parisienne sont des scènes de séduction. Les hommes suivent les femmes dans la rue, tombent amoureux de leurs reflets.

La critique bien-pensante a fait disparaître la grivoiserie des écrans. Un style édulcoré a conquis l’ensemble du monde intellectuel depuis le fameux ouvrage sur « le souci de soi » de Michel Foucault dans les années 1970. On ne sait plus distinguer la grivoiserie de la pornographie. On fête encore et toujours l’homosexualité, parce qu’on a enterré dans les années d’avant-guerre l’éloge de l’hétérosexualité.

Mélèze

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