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4,40 de Pierre Louis Aouston

Poèmes publiés chez Vibration Editions

mardi 2 avril 2019 par Françoise Urban-Menninger

Pierre Louis Aouston donne d’emblée le ton de son livre avec cette injonction de Bernard Hiedsieck "Il faut sortir la poésie de ses draps du livre". Et de démarrer sur des chapeaux de roue en lançant dans sa préface "J’avale cul sec l’histoire de la poésie, imprégnée dans mon sang avec un taux d’alcooloralités élevés, mon cerveau flâne à ce moment-là, vers Anne James Chaton ou un Jérôme Game". On l’aura compris Pierre Louis Aouston ne fait pas dans la dentelle ni dans les fioritures, ce sont avec ses tripes qu’il écrit pour nous signifier que "le beau, l’art n’est pas humain, il est, là, ici sur terre".

Poète, plasticien, Pierre Louis Aouston est connu pour ses installations, performances, vidéo-poèmes, aussi il n’est pas étonnant que la thématique de la première partie de son ouvrage ait pour titre "Autour de l’art".
Sous les jeux de mots ou les trouvailles langagières, parfois sous la violence du verbe, on perçoit les cris (l’écrit) du poète qui répète "J’en ressuscite tous les jours de mourir un peu".
Et de dénoncer une société marchande où le nerf de la guerre n’est autre que l’argent. L’art n’y échappe pas, du moins l’art officiel, bien au contraire : "Musée à l’équilibre financier, vous ne pouvez pas l’utiliser, c’est déposé...monsieur capital...".
Et notre auteur de nous donner à réfléchir sur l’essence même de l’art :" Peinture en suite de l’être,/ l’autre cette peinture". Et l’artiste d’évoquer à travers ses poèmes , cette histoire de l’art qui le traverse chair et âme, d’invoquer Rembrandt mais également de jeunes artistes contemporains pour conclure sur un laconique "J’ai vu".
Plus avant, Pierre Louis Aouston écrit "Ce sont des hommes-peintures/ Ils s’unissent dans l’art uniquement/ Et après"....
Cet "après" sonne comme un glas et fait replonger l’artiste dans cette solitude de "L’homme seul, l’homme seul...l’homme seul".
Et pourtant le poète de déclarer "être le centre-homme" de sa peinture car nul doute que la solitude est au coeur même de la toile ! Elle happe le vivant à l’instar d’une petite mort...
Pierre Louis Aouston écrit comme il peint, en touches vives et acérées, il écrit avec la lumière qui n’a de cesse de faire saillir le cri des profondeurs de l’être et de libérer l’instinct de mort au bord des mots. S’il utilise les nouvelles technologies pour s’exprimer et qu’il qualifie de "serpent-numérique", le poète se sent pris dans les rets d’une société dont la fuite en avant est de mise et Pierre Louis Aouston d’apostropher "le monde-objet plein de pétrole façonné en plastique-monde éparpillé dans le réel..." ainsi que "le temps de l’intelligence industrielle"...
Dans la deuxième partie de son livre, l’auteur évoque le travail "un clou dans mon coeur, le travail", terme qui renvoie bien évidemment à son étymologie, à savoir le fameux tripalium, instrument de torture à trois pieds.
Cette douleur, Pierre Louis Aouston la contre et l’exorcise par le verbe et de dérouler sur la page blanche un long poème-peinture "Je rouge feu.../ Je safran.../Je sanguine.../ Je pourpre..../Je jaune mimosa.../ J’isabelle.../J’indigo..../ J’émeraude.../Je fauve..."
On songe à Rimbaud, au poème des voyelles ou à la saison en enfer...Nul doute qu’avec son recueil Pierre Louis Aouston nous embarque sur un bateau ivre où nous n’en finissons pas de chavirer !

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