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Silence d’entre les neiges - Sonia Elviraenu
mardi 27 novembre 2018 par Sylvain Josserand

Collection accent tonique Editions l’Harmattan, 2018

"Tu étais nulle part et je t’ai appelé", ainsi commence ce spicilège à la rencontre de l’être aimé. La neige avec sa blancheur de linceul garde les souvenirs de l’être disparu. L’auteure, dans la solitude de l’aube, et les ténèbres de son moi, s’enveloppe dans le silence glacé. Ici ou là, des traces de pavots évoquent le soleil en son Orient. Une caresse bleutée de mer donne à cet ensemble de textes sa première sonorité malgré les pas feutrés dans la neige jusqu’à cet arbre où la poétesse se heurte. Elle l’embrasse dans un sanglot : pour en puiser l’énergie de la sève, l’énergie primitive de la poussière d’étoiles dont elle serait issue ? On s’attarde sur un vêtement depuis longtemps inhabité avec son parfum singulier, l’évocation d’un souvenir, d’un regret, d’un soupir.

La maison peuplée d’objets familiers où une souris ronge un vieux vêtement, alors qu’un pigeon vient se poser sur un autel évoque un décor d’entre les mondes ; à la frontière du néant où l’écrivaine navigue entre trois réalités, la troisième étant celle où vit dans une autre dimension le cher disparu. Il lui susurre à l’oreille : "Ne pleure pas ma bien aimée, je suis près de toi (...), écoute ton cœur le seul appui sur la voie de la solitude."

Dans les sentiers parcourus, sur la grève, dans les herbes hautes, au milieu des croix, la silhouette chancèle. On en attendrait un signe, une vision de ce paradis où il vit alors que la présence du vent, le parfum et des souvenirs de déambulations communes sont les traces de son éternel présent, symbolisé par un arbre de vie plantée, sur une seule racine de vie et qui les unit pour toujours.

"Le regard se porte sur la ligne d’horizon", dans l’embrasement du Ciel et de la Terre tel un pont formé par un arc-en-ciel. Aux mieux des oliviers, s’élèvent les psaumes de leurs vies à tous les deux retrouvées. Au bord de la mer Egée, on convoque les Mythes grecques et bibliques, et leurs personnages de légende : Isis et son voile, le roi Salomon et la Reine de Sabbat, les Saints et même un ange bleu qui vient protéger de la chute dans les abysses les plus noires.

Puis c’est un retour à Soi pour se retrouver, alors que la lune miroite dans le ruisseau de la vie. "Je ne veux pas mourir". Je veux vivre dans l’espérance, pourrait être la conclusion de cette série de poèmes pleins de sensibilité et de pudeur, où "le cœur se fait cristal, où le sang a l’odeur d’une fleur et où les poumons respirent un air diaphane", à la recherche de l’être aimé. Cette espérance est en Dieu, nous dit la poétesse philosophe, dans cette prière qu’elle lui adresse pour retrouver la sérénité de la pensée.

Sylvain Josserand
Poète et plasticien

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