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Débuts de Roman * & - Julien Blaine
lundi 3 juillet 2017 par Jean-Paul Gavard-Perret

Julien Blaine est poète de cour, de ceux qui « ont la carte ». A savoir celle du tendre des réseaux poétiques officiels. A ce titre il ne ferait selon eux que des miracles. Voire... Héritier des formalistes post Tel Quel, il prétend renverser le logos par un coup de dés. Mais il a loin de la coupe aux petites lèvres. Le blême poète n’a rien de mallarméen. Et plus pochtron sémantique qu’ubuesque.

Dès le titre la prétention enfle d’elle-même. Et ce au nom du cube où il s’inscrit - sans oublier esperluette et astérisque. C’est pathétique de vanité et surtout historiquement et poétiquement daté. Blaine a fait abstraction des espaces laborantins du Artaud des « Cahiers » ou, plus près de nous, de la défunte TXT. Jouer de l’incipit comme il le fait tient d’un jeu qui disqualifie le propos du livre qui se voudrait sérieux vers la fin.

De la caisse de résonance du dé ne sort que l’écho d’un "caveaubulaire" (Prigent). Mais tout sonne faux. L’hôte en rit mais de son vocabulaire qui se veut fractal le sein mou tarde et disjoncte. La grossièreté joue les élégances et résonne comme un pétard mouillé. La « morvelle » lubrifiante de la trachée fait-elle rire le gogo à gorge déployée ? Pas sûr. Les jeux de mots se veulent de sens mais restent collets montés, en bandes de chow-chow guère bouillants même si tout glisse vers le « Messer Gaster » de Rabelais avant que la colophane colle aux fesses de certaines mégères que les héros ont aménagées.

Quant aux barrissements et exploits sexuels ils sont tout au plus une commodité de la conversation. L’auteur croit étonner en s’étonnant lui-même. Mais ses décoctions salaces datent d’un autre siècle. Bref ce qui se veut sulfureux n’est que compassé, racoleur. Une vulve qui suppure, un sexe qui bande mou dans un tel contexte ne tient pas la corde raide. Ils font du tonton flingueur un plastronneur chiche. Il monte sur ses grands chevaux. Mais ils ne sont qu’à bascule.

Certes il exista parfois quelques vérité : au moment et au centre d’une curieuse torpeur que Toussaint se murmura : “Moi, je regarde et considère ces jeunes gens comme s’ils avaient mon âge et, eux, me voient comme si j’avais le mien…”. Mais la plupart du temps sous couvert d’apprivoiser la mort ou de se mordre la queue, Blaine joue l’Auguste accompagnée de quelques souris taupes-less propres à estimer obscène ce qui n’est même pas canular sauvage. Les personnages clowns blancs ne sont que des clones tristes d’une histoire qui ne s’écrit pas et que l’auteur a cru dire.

Mais ces débuts ne sont que des fins de moi asthmatiques. Ni dans le comique ni dans le sérieux l’auteur n’est crédible. Manquant de jus de carotte ses pré-récits sont râpés. Croyant métamorphoser le sujet en objet, l’objet en sujet, l’ordure en diamant et le diamant en houille, il tombe dans un style nouille. A croire que le poète n’a pas compris ce que représente un début. Il lui aurait fallu relire les mots Bernard Noël “ L’avenir de la poésie est d’être source d’avenir parce qu’elle est un perpétuel recommencement ”. Pour Blaine elle n’est hélas que répétition. Il ne fait que respecter une tradition en ses riffs très peu hifi.

Jean-Paul Gavard-Perret

Julien Blaine, « Débuts de Roman * & », Éditions des Vanneaux, 2017, p.19 €.



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