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Eau-forte - Françoise Moreau
vendredi 13 novembre 2009 par penvins

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Eau-forte – Françoise Moreau

C‘est toujours intéressant de lire un premier roman surtout lorsqu’il est remarquablement écrit comme celui-ci. On peut dire a contrario que ce qui est gênant dans ce roman c’est justement sa construction tant elle apparaît parfaite. Lorsque l’on ferme le livre on a l’impression que tout est dit, une impression proche de celle que l’on a en lisant une nouvelle et qui laisse peu de place à l’imagination du lecteur. Alors ? Exercice de style ? De ce point de vue l’ouvrage est réussi. Situé au début du XIXème siècle l’histoire de François commence de manière très réaliste avant de glisser dans le fantastique, déstabilisant quelque peu le lecteur, introduisant le doute dans cet univers codifié de la bourgeoisie provinciale où les secrets de famille sont les mieux gardés. C’est peut-être là que se cache le véritable thème du roman, dans ce silence, cette aphasie et cette amnésie du héros, incapable de parler – et de se souvenir - jusqu’à l’âge de six ans, là que se niche le secret, celui d’un monde moins policé qu’il n’y paraît.

Parce que dans ce petit village de Loire Atlantique (à l’époque on osait encore dire Loire inférieure) passe le canal de Nantes à Brest construit sous Napoléon par des soldats Espagnols prisonniers de guerre – des bandits et des bons à rien, murmurent-on encore et que l’on a que mépris et haine pour ceux que l’on a obligé à construire ce canal tandis que les jeunes du pays partaient grossir les armées de l’Empereur. Le canal c’est un peu la mauvaise conscience de Bourg-sur-Isac (alias Blain). Ce qui est devenu aujourd’hui une attraction touristique a été construit par des forçats au mépris des règles de la guerre.

Entre les deux mondes, celui de François, Nantais dont les parents se savent citadins et celui de sa fiancée Pauline, fille d’un médecin de campagne, il y a bien sûr une sorte d’incompréhension mais surtout plane un terrible secret que le héros doit mettre à jour et dont il doit réparer les fautes. Il y va de sa virilité au sens le plus trivial du terme. Le beau-père devient en quelque sorte le père, celui dont il faut se débarrasser pour rendre à la mère son honneur. Drame oedipien jusque dans les moindres détails, l’amnésie sur les origines et le meurtre du père. C‘est sans doute ce qui donne à ce roman, par ailleurs historiquement situé, cette facture très classique, presque figée. On aurait aimé y sentir quelque part l’âme de l’auteur mais la perfection de la forme et du récit font que l’on ne sait où la trouver, sinon peut-être – le héros insiste sur la présence de l’eau – dans celle du canal symbole des forces souterraines qui donne son titre à l’ouvrage.

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