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Les heures bleues - Françoise Urban-Menninger
dimanche 11 janvier 2009 par penvins

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Editinter - Mai 1998

Il y a un style – un ton – bien particulier dans les courtes nouvelles de Françoise Urban-Menninger. Les sujets y sont sans doute pour quelque chose mais aussi la façon de les traiter avec tendresse et humour qui fait se demander : mais d’où lui vient cette passion pour les vieilles dames ? Parce que, assurément, Françoise Urban-Menniner les aime ces vieilles dames un peu kitsch façon Jacques Faisan ou Agatha Christie qui sont capables d’inventer de petits meurtres entre amies avec une délicieuse malice tant elles sont familières avec la mort.

Douceur de la mort, mort douce, c’est bien de cela qu’il s’agit, même à travers ces heures bleues qui furent celles des lointaines initiations charnelles de ces veilles femmes aujourd’hui proches de l’éternité. Eros et Thanatos que l’on voit se disputer le corps abandonné de madame Laure, rencontre de l’amour et de la mort que symbolise cette énorme mouche verte et bleue posée sur le pubis étoilé de ladite femme alanguie dans un bain de béatitude.

La nostalgie est bien un plaisir doucement morbide mais aussi une façon d’apprivoiser la mort tel que le décrit si bien la nouvelle : « T’en souviens-tu Ava ? » où la narratrice se souvient des derniers jours partagés avec son amie dans un camp de concentration alors qu’une reproduction jaunie les aidait toutes les deux à s’évader de l’horreur du présent. On pourrait bien sûr penser, en lisant cette nouvelle et en imaginant cette reproduction jaunie sortie pliée de l’ourlet de la robe d’Ava que ces maigres couleurs repoussent les limites de la mort, qu’elles sont la part d’humanité dans cette descente aux enfers mais on voit bien où cela mène inexorablement.

Faut-il alors se dire que ce qui tient à coeur de Françoise Urban-Menninger, au point d’en faire le sujet essentiel de ce recueil, c’est de nous rappeler que sans cette familiarité avec la mort, il n’y a pas de société véritablement humaine ? Question que vous vous poserez peut-être, vous aussi, après avoir lu ces quelques nouvelles au charme assurément troublant.

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