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Lady Chatterley et l’homme des bois (film de Pascale Ferran)
mardi 24 juillet 2007 par Yvette Reynaud-Kherlakian

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Des trois versions données par D.H. Lawrence des amours de Lady Chatterley et de son garde-chasse, Pascale Ferran retient la deuxième : elle en garde le titre et son invite à centrer le récit sur le trio organique nature-Constance-Parkin. Elle ne supprime certes pas les références à l’origine sociale et familiale des deux amants, abondamment développées dans le roman, mais elle se contente d’en indiquer ce qui est nécessaire à la compréhension de leur histoire. Au besoin, une voix off ou un court texte inscrit sur l’écran nous informent de ce qui s’est passé ou se passe dans l’espace-temps des alentours avant de nous ramener bien vite à l’écoute de la forêt, près de la cabane ascétique et de son huis clos capiteux. Parkin et Constance ne sont, pour Pascale Ferran, les outils d’aucune démonstration, les porte-voix d’aucun message. L’image n’a d’autre vocation que de les faire exister dans la singularité -et sans doute la résonance mythique- de leur aventure.

Aventure singulière en effet. Lord Clifford Chatterley a épousé Constance vers la fin de la première guerre mondiale, avant d’en revenir paralysé de la moitié inférieure du corps. En 1921, il administre l’héritage familial : terres et mine de charbon -tandis que Constance, 23 ans, assure impeccablement ses obligations de maîtresse de maison et d’épouse garde-malade. Elle n’a plus guère le temps de pratiquer musique et dessin et la fatigue la fait haleter et s’asseoir bien vite lorsqu’elle s’évade pour une promenade en forêt. Son état physique et moral se dégrade assez pour que Clifford accepte d’engager une gouvernante capable d’être garde-malade, dame de compagnie, secrétaire... Il va même jusqu’à lui suggérer que son corps a sans doute besoin d’un autre corps et que dans ce type d’échanges « tous les corps se valent »... Constance ne se précipite pas pour autant à la recherche d’un amant mais cette permission prévient sans doute tout sentiment de culpabilité. Le chemin de la forêt peut se faire peu à peu pour elle - corps et cœur- chemin initiatique.

Car il s’agit bien d’une initiation. Non pas que Constance découvre la volupté : sa réaction immédiate à un accouplement sans fioritures est celle d’une sensualité avertie qui reconnaît le branle du plaisir. Le cheminement érotique, lui, lent et subtil, va du besoin frustré, opaque et accablant, au désir palpitant d’un corps soudain révélé, de l’étreinte et de l’exploration de ce corps à l’approche aimante d’un homme. D’un homme qui n’est pas, de prime abord, le partenaire idéal d’une lady rompue aux manières de table et à la lecture de Racine. Parkin se présente comme un solitaire aux manières frustes, à la parole économe et rugueuse, un « ours mal léché », dit Clifford : l’ombre d’un vieux feutre avale presque son visage ; à arpenter la forêt à foulées pesantes et balancées, il garde à ses bras ballants l’arrondi qui équilibre la marche sur un sol inégal mais qui fige gauchement le corps immobile. Ni séducteur, ni séduisant, il sera pourtant le faune à sa toilette qui, à son insu, mettra la nymphe en émoi. Une nymphe longtemps vêtue sobrement et sagement avant d’oser danser nue dans une averse d’été ; gracieuse sans apprêt -qu’elle tire l’aiguille ou se rafraîchisse à l’eau de la source ; qui sourit avec toute la tendresse du monde à découvrir un nid de mésanges, à caresser un poussin duveteux, à regarder la nudité de son amant. Qui sourit -et qui pleure un peu, juste assez pour que fonde la défiance de Parkin, pour que l’appellation contrôlée de lady Chatterley cède la place au visage et au corps de la femme qu’on prend dans ses bras...

C’est avec une assurance tranquille que, chemin faisant, Constance se déprend des vanités de sa condition. Elle a eu à affronter le regard haineux d’une gueule noire au sortir de la mine ; elle s’indigne sans retenue de l’arrogance de Clifford qui fait de la relation dominants-dominés une constante immuable -et des dominants les gardiens de ce qui reste en ce monde de décence, de dignité et de beauté... Clifford peut bien se venger -avec la morgue glacée et désinvolte du maître- en malmenant Parkin : Constance s’attelle aux côtés du dominé, son amant, pour pousser la voiture du dominant, son mari ; elle fait glisser doucement sa main gantée sur la barre pour la poser sur la sienne et lui offre la complicité gamine de son sourire.

Le chemin de Parkin est plus intérieur que mondain. Certes, il aura à se dépêtrer d’une épouse abusive et il devra, à cause d’elle, quitter son emploi de garde-chasse. Mais peu importe : il s’est découvert à travers Constance, à travers le regard qu’elle porte sur lui. Inquiet, il lui demande d’abord si elle ne se sent pas abaissée d’avoir fait ça avec lui, un domestique de son mari. Inquiet encore, lorsqu’elle lui révèle son désir d’enfant, de n’être pour elle qu’un géniteur potentiel. Mais l’évidente sincérité de Constance suffit à le désarmer : un garde-chasse n’est pas un domestique... Désir d’un bébé, oui, sans doute, mais d’abord désir de son corps à lui... Parkin peut se laisser aller à ce désir réciproque qui les éduque si librement, si également depuis le premier coït encore engoncé, quasi clandestin, jusqu’à la danse et l’étreinte orgiaques -que consacre la cérémonie joueuse et grave du couronnement au coin du feu...L’improvisation amoureuse recrée le rite qui actualise la ferveur des commencements. Parkin et Constance se font héros mythiques...

Son itinéraire, Parkin le résume fort bien : Constance lui a « ouvert le monde ». Avant elle, parce qu’il se croyait rejeté de partout et de tous, « le monde entier était une prison ». Au moment de partir, il sait qu’il est un homme libre et qu’il peut, dans une chasteté sans contrainte, attendre de retrouver Constance un jour, quelque part...

Constance et Parkin ont eu l’un et l’autre, l’un par l’autre -et peut-être enfin l’un pour l’autre, à se libérer de ce qui, dans leur raison sociale, l’enfermait, elle, dans un rôle ou le figeait, lui, dans une attitude. Il s’agit donc d’une conquête -parallèle et réciproque- d’authenticité. L’originalité de la démarche, c’est que cette conquête -hautement spirituelle- se fait, non par volonté morale mais par une sorte de restauration spontanée et studieuse, grave et gourmande, de la dignité du sexe. « La santé de l’esprit a ses racines dans les couilles » écrivait brutalement Lawrence en réponse aussi bien à l’angélisme qui nie le sexe qu’au donjuanisme qui le mécanise. La caméra de Pascale Ferran -précise et délicate- fait écho aux propos de Lawrence et va ainsi bien au-delà du dogme de la libération sexuelle -laquelle, dans ses basses œuvres, accentue la mécanisation du sexe, jusqu’à le banaliser à la façon du four et du moulin d’antan.

La nature dans tout cela ? Elle est la matrice de l’avènement des corps. Dans la première partie du film, tant que Constance n’est que lady Chatterley et Parkin l’homme des bois, la camera dégringole la pente d’un pré pour cerner la lisière de la forêt automnale, désigne un Noël tamponné de neige, adosse la fatigue de Constance contre un tronc d’arbre. Mais, le printemps venu, elle épouse, à travers les va-et-vient de Constance et de Parkin autour de la cabane-ombilic, les rumeurs de la vie, les étirements de la lumière. La conjugaison de Parkin et de Constance a partie liée avec un printemps gorgé de jonquilles, d’eaux vives, de feuillages neufs, de tiges fleuries, de couvées soyeuses. C’est après avoir écouté la nuit que les deux amants osent se réclamer nus avant l’amour.

L’apprentissage érotique semble terminé. Mais la bulle forêt-cabane éclate. Parkin doit partir. Sur les conseils et avec l’argent de Constance, il achètera peut-être la petite ferme où Constance viendra peut-être le rejoindre quelque jour. Constance est enceinte et n’en a encore rien dit à Clifford. Lequel, héroïque et pitoyable, a appris, arrimé à deux béquilles et mâchoires serrées, à se déplacer à sauts de kangourou -et ne mérite peut-être pas d’être abandonné...

Une seule certitude : ils se retrouveront un jour, quelque part car ils s’aiment ; pour elle, il est la vie et ses richesses ; pour lui, elle est la liberté.

La filmographie des amours de lady Chatterley et de l’homme des bois s’arrête là. Sagement : il faut laisser au spectateur le droit de rêver au destin de Constance et de Parkin. Leur rencontre amoureuse -quasi aussi improbable pourtant que celle d’une machine à coudre et d’un parapluie sur une table de dissection (Lautréamont, merci !)- a libéré la sensualité de l’une, maintenant franche et drue, rapatrié chez l’autre l’humanité d’un sexe et d’un cœur désormais irréprochables. Tant pis pour ceux qui ne croient pas aux miracles : ici, le miracle a bien eu lieu.

Grâces en soient rendues à Eros et à ses assistants : le romancier, la cinéaste, les comédiens : soit la transparente et subtile Marina Hands, le sobre et émouvant Jean-Louis Coulloc’h.

..........................

Post-scriptum

Clifford Chatterley est éclipsé, à l’écran comme dans le roman, par Constance et Parkin... C’est qu’il ne représente pas, lui, la part du rêve mais la pesanteur sociale et psychologique qui étouffe le rêve. Il ne mérite pourtant pas d’être réduit au rôle d’aristocrate borné et de mari encombrant.

Au départ, le jeu d’Hyppolyte Girardot prête au maître de céans en son fauteuil roulant une présence aigüe et secrète qui dessine les contours de la vie domestique, qui en rassemble les gens et les choses, les mots, les bruits et les couleurs dans un ordre étanche, feutré d’ironie, discrètement miné déjà par la mélancolie de Constance.

La caméra de Pascale Ferran fait le reste pour intégrer le comportement du personnage dans la dramaturgie des amours de lady Chatterley et de l’homme des bois. Dans deux séquences magistrales, elle délocalise l’infirme : au guidon d’une voiture cahotante et poussive, le voici dans la forêt, à l’orée du domaine enchanté de Parkin et de Constance. Avec eux, il est au centre d’un devenir brouillé qu’il voudrait maîtriser mais qui lui échappe.

Ce devenir, c’est celui du couple qu’il forme avec Constance, couple artificiel en ce qu’il se fonde sur la seule volonté d’un partage spirituel.

Dans la première séquence, Clifford a encore le beau rôle. Sermonné par son beau-père, il veut bien admettre que l’état dépressif de Constance a quelque chose à voir avec la continence à laquelle elle est condamnée et il se dit prêt à lui accorder la liberté de chercher ailleurs le plaisir qu’il ne peut lui donner.

Cette générosité-là, sans doute aussi difficile à exprimer que coûteuse à vivre, est peut-être gratifiante : elle devrait témoigner, aux yeux de Constance, de la profondeur et de la noblesse de ses sentiments pour elle et d’un sens aigu de sa responsabilité maritale. Mais l’homme châtré par la guerre ne peut qu’espérer confusément le refus de Constance. Son inquiétude, plus tard, lorsque la jeune femme, avec une candeur retorse, aura lancé le bruit d’une possible maternité, semble dire qu’il est revenu bien vite à la certitude rassurante d’une fidélité inconditionnelle.

Pour l’heure, il ne se doute pas que le garde-chasse qui pousse sa voiture jusqu’à la barrière et que Constance, troublée et songeuse, voit à peine, sera bientôt pour elle non seulement le partenaire d’un plaisir partagé mais encore et surtout l’initiateur silencieux à un nouvel art de vivre. Il ne se doute pas qu’en ouvrant une brèche dans les certitudes morales de lady Chatterley, il l’engage dans la recherche du couple naturel.

La seconde séquence, beaucoup plus longue, est celle de la défaite de Clifford. Elle est bien près d’être exemplaire tant dans sa densité humaine que dans son langage cinématographique.

Dans un premier moment, éminemment théâtral, le chemin forestier n’est guère qu’un décor à peine mobile et le langage l’emporte sur l’image. L’aristocrate satisfait pérore en manipulant fermement « son coursier écumant » : non, les mineurs ne se remettront pas en grève, on saura bien les en empêcher -et définitivement...Puisque les dominés sont incapables de faire montre de décence et de dignité, il est normal que les dominants prennent en charge et le progrès social possible et la sauvegarde des valeurs humaines...

L’indignation croissante de Constance et la force avec laquelle elle l’exprime désarçonnent visiblement Clifford : entre Constance et lui, la complicité de caste ne joue plus, ni l’autorité du mari maître à penser de son épouse. Il s’indigne à son tour : Comment osez-vous parler de vie et de mort, vous qui n’avez jamais connu la faim ? Dans le ton accusateur, il y a le poids des réminiscences douloureuses de la guerre. Constance se tait, peut-être parce que lui revient le souvenir d’une soirée de Noël plombée de récits d’anciens combattants...

Le deuxième moment est quasi vaudevillesque : redevenu maître de lui, Clifford dit son envie de descendre jusqu’à la source. Pourquoi pas ? répond Constance avec une parfaite aménité... Surgi d’un fourré, Parkin enlace sa maîtresse et lui chuchote la demande d’un rendez-vous chez lui, le soir même. Constance acquiesce hâtivement, se dégage et va, en cueillant des fleurs, vers la source où l’attend Clifford. Elle boit et lui tend le gobelet rempli d’eau fraîche :

- Il faut faire un voeu, je crois ? dit Clifford.

- Oui.

- Et vous en avez fait un ?

- Oui, mais il ne faut pas le dire...

La voix de Constance est calme, son visage fermé. Clifford est vaincu.

Le troisième moment est celui de la tragi-comédie tout en mouvements et en postures que la caméra capte sur fond de silences à couper au couteau. La souffrance de Clifford serait tout aussi tragique que celle d’un héros grec accablé par le destin s’il ne l’orchestrait pas en rage vengeresse, d’une cruauté froide, mesquine et puérile, qui lui fait malmener et bloquer sa voiture, repousser quasi grossièrement l’aide de Constance, réclamer enfin, avec une courtoisie insolente et appuyée, l’assistance de Parkin, un dominé taillable et corvéable à merci en effet puisqu’il subit sans mot dire l’autorité -ouvertement abusive- du maître... Clifford ne sait pas -si bien qu’on le regarde avec plus de pitié que de mépris- que son attitude cimente -littéralement dans son dos- l’entente de Constance et de Parkin qui poussent ensemble la voiture. « Est-ce bien nécessaire ? » a-t-il dit pourtant lorsque Constance s’est glissée près de Parkin pour lui prêter main forte. Elle lui a rétorqué d’un ton dédaigneux de lady offensée et sûre d’elle-même qu’il fallait la laisser faire tout à l’heure... C’est du même ton qu’à l’arrivée au château elle lui dira son intention de déjeuner seule dans sa chambre.

« Comme vous voudrez, ma chère », répond-il, redevenu lord Chatterley, soit le mari courtois et le maître affable qui sait remercier un domestique en le gratifiant d’un verre de bière à boire à la cuisine.

Ainsi est lord Clifford Chatterley, orgueilleux et blessé, généreux et méprisant, pathétique en somme tant on sent bouillonner sous l’élégance crispée de l’aristocrate le désir d’exister, la volonté de lutter contre une totale dépossession. Il dira à Constance sur le point de partir en voyage avec sa soeur qu’il est prêt à accepter comme sien l’enfant d’un géniteur français ou anglais de rencontre. Et quand on le voit debout pour accueillir Constance à son retour, quand on le voit sauter à béquilles jointes, on se dit, oui, qu’il y a de l’héroïsme dans ce guerrier atrophié et qu’il ne mérite peut-être pas d’être abandonné...

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Messages

  • Bonjour à vous, je viens de voir en dvd ce film qui m’a bouleversé, et je file immédiatement sur internet pour en savoir plus : qui est Pascale Ferran (je ne suis pas cinéphile) ? est-ce un premier film ? Il date de quand ? etc.

    Je n’ai sans doute pas trouvé ces informations dans votre article, mais j’y ai trouvé davantage : arriver à formuler ce que je ressentais un peu confusément comme la chose la plus réussie du film : la présentation de l’initiation érotique, la mise en scène de l’éducation par le désir, de l’émancipation sexuelle. Tous ces gros mots (liberté, émancipation) des années 70 revivent ici d’une impressionnante jeunesse en un temps où, comme vous le dites justement, la libération sexuelle est censée avoir clos et couronner ce genre de quête.

    Merci encore.

  • Oh, quelle belle critique !
    Ma chère Yvette, c’est fort agréable de trouver ici une analyse fine et qui éclaire, à mes yeux, certains aspects passés un peu au second plan lorsque j’ai admiré ce film, telle la position de Lord Chatterley - Hippolyte Girardot.

    Permet que j’évoque ma propre réaction à ce film, en commençant par le personnage de la "nature", effleuré dans ton papier.

    Pascale Ferran fait preuve d’un talent formidable pour montrer les paysages naturels de la vielle Angleterre, que je n’aurais pas imaginés aussi splendides !
    Marina Hands et Jean-Louis Coullo’ch sont les deux autres pièces du triangle. Ils jouent cette relation entre deux personnes si différentes, évoluant de la légèreté à la plus grande profondeur, avec toute la subtilité et le réalisme que j’espérais. Les autres personnages sont aussi remarquables, comme tu l’as si bien relevé pour Hypolite Girardot.

    Ceux cherchant de l’action ou du sexe tout en surface, seraient plus heureux avec un autre film moins sensible et humain que celui de Pascale Ferran et sans doute plus éloigné de l’univers de Lawrence.

    • je ne vois pas en quoi ce film vous plait surtout qu il ya beaucoup de chose qui n ont pas ete du tout bien cela pour moi est tres vulgaire car voyer vous ce sont des films qu il ne faut surtout monter au enfants c est pour cela que ce films ne ma plait pas du tout !!! c est immonde

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