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J’écris pour te toucher, A Jalel El Gharbi
samedi 21 mai 2011 par Mahdia Benguesmia

De petits  mots  pour signifier  de grands PETITS  mots

 

De petits  mots  pour signifier  de grands PETITS  mots 

Sur  « J'écris pour te toucher, A Jalel El Gharbi »  de Béatrice Libert, publié dans la revue « Traversée »

L’une de mes pratiques favorites est l’interprétation des poèmes et  pourtant je sais au fond de moi qui écris depuis  que j’étais enfant des mots très peu conventionnels qu’il est impossible de toucher le noyau du sens que l’écrivain, même le propre écrivain du mot, ne fait que frôler, pour dire l’essentiel, en croyant  l’atteindre.  Je paraphraserai volontiers ici Lanson  en lui empruntant sa définition du génie pour dire que le sens est « cet inconnaissable, infracassable noyau de la nuit ».

Je lis et relis ces mots à l’apparence toute simple, puérile j’allais dire.  Quoi de plus banal dirions-nous que les termes : neige, descendre, escalader, leviers...  Et quand bien même on les prendrait dans un sens figuré, ils  resteront liés à ce sens propre que nous connaissons et ce sens métaphorique que nous essayons d’appréhender dans quelque sens du sens mis à notre portée.  Et  pourtant, lorsqu’ils se donnent la main pour  faire la ronde et se transformer en chaine indécelable à la lumière du jour, lorsqu’ils se préparent à rejoindre  la demeure redoutable au mot solaire et pénètrent le noyau de la nuit, ils nous  échappent. Ils nous diront dans leur fuite qu’ils sont appelés à rejoindre « la parole digitale ». Là nous cessons toute poursuite car   quoi de plus frivole, je dirai même de plus niais qu’un policier qui poursuit et voudrait à tout prix mettre la main sur un évadé qu’il voit devant lui quitter la terre pour l’espace dans un engin inidentifiable !

Mais  sérieusement, quoi de plus insaisissable, imperceptible que « la parole digitale » ? Car elle n’est ni dans le toucher digital, ni même dans la parole  verbale. Parole digitale ne se parolise pas dans les doigts ni même dans le picotement ou le spasme  qu’elle crée dans quelque espace inconnu que nous nommons faute de toucher digital : cœur.

Depuis la parole intransigeante  de Breton, cette belle anecdote devenue proverbiale dont je ne cite  ici que  le final pour son étonnante pertinence  dans le sens que je veux : « Rentrez votre papillon dans votre carafe. Ce que Saint-Pol-Roux a voulu dire, soyez certain qu’il l’a dit », je n’ose pas m’hasarder dans  l’obscurité  des mamelles, qu’elles soient de  cristal ! moi qui ne suis pourtant pas achluophobe. Ma peur est surtout, je le crois , de la luminance qui aveugle,  et les traces farineuses d’un papillon  ( qu’est qu’on pourrait trouver de plus beau pour dire la chenille, monsieur Breton, que hasardeusement « papillon » !) qui prend le vol me donnent toujours à penser que cette soie poussiéreuse  est plutôt  une « tenue de bal » en pépites de lumières et qu’aller à sa  poursuite peut se révéler  gravement hallucinogène ; c’est pourquoi je prends toujours un sens parallèle à l’auteur jamais en perpendiculaire, et s’il arrive que je l’intercepte,  c’est alors que  j’ai décidé d’enfreindre la loi du code de ma route pour, cependant, une véritable bataille à l’intérieur de l’intersection. 

Le plus souvent, alors, je roule  à côté du poète, et cette vision de la marche côte à côte, mes lecteurs la croient myopie, alors que je ne porte pas de lunettes de vue. Quoi que j’aimerais un jour m’essayer aux lentilles de couleurs  pour  me faire plus belle aux frontières des mots malgré que mon regard  ne m’a jamais jusqu’ici causé aucun  problème de visa ni d’entrée dans les frontières  n’appartenant pas encore au traité de l’Orcident cher à cet agréable monsieur El Gharbi.               

Et pourtant encore, je ne cesse de dire qu’il est beau ce poème !et  me suffire à ca !car du « doigt » au « pas » à « la pensée » à « l’âme », « l’Everest » n’est pas ce qu’on croit. Le sommet ici n’est pas une montée mais un étalement, une poussée vers l’inépuisable sens du sens. « Quête » de la « beauté » ! Derniers mots ?  Mais ultimes !

                                                                                                  

 Mahdia Benguesmia

 



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